Les infos de STRAT’L GO N°3-2024
A chaque phase du cycle de vie des produits, différentes actions sont possibles pour limiter nos impacts sur notre environnement en créant des effets de boucles d’usage de ressources, matériaux, produits ou activités pour limiter l’extraction des ressources naturelles vierges. Nous sommes TOUS acteurs de ces stratégies :
- Citoyen-usagers ou Organisation-usagers (publique ou privée) d’un produit, et nous le sommes plus ou moins TOUS à minima,
- Industries extractives, conceptrices, productives, transformatrices de produits, constructives (BTP) et/ou de valorisation de déchets, de sous-produits ou d’invendus,
- Organisations proposant des activités de service ;
- Distributeurs, commerçants ou prescripteurs, …
Cependant, celà impose un changement de comportement des différents acteurs des chaines de valeurs. Il faut ainsi apprendre à penser aux impacts environnementaux systémiques de nos actions et de nos décisions avant d’agir. Quelques stratégies circulaires et outils existent ou émergent pour nous y aider ! En voici un bref résumé !

Avant la fabrication des produits,
Pour sortir du « extraire, fabriquer, consommer, jeter », il faut penser, dès la conception de nos activités ou produits, aux impacts systémiques qu’ils peuvent générer de façon directe sur l’Environnement (ressources, écosystèmes, chimiques, êtres vivants, …) tout en prenant en compte les éventuels effets rebonds parfois liés aux facteurs humains en réponse au changement.
Pour celà, l’éco-conception est un outil de réflexion que peuvent appliquer les Organisations (publiques ou privés, entreprises ou industriels) dans leurs stratégies décisionnelles sur des nouveaux produits, activités ou services, mais également pour faire évoluer leurs existants ! L’ADEME définit l’éco-conception comme : « une démarche préventive et innovante qui permet de réduire les impacts négatifs du produit, service ou bâtiment sur l’environnement sur l’ensemble de son cycle de vie (ACV), tout en conservant ses qualités d’usage. »
Lors de l’éco-conception des produits ou activités, pour améliorer notre impact environnemental, il faut également penser à un approvisionnement durable et aux stratégies permettant la régénération des ressources (économie régénérative).
Les usagers (citoyens et Organisations publiques/privées) peuvent également agir individuellement et collectivement pour faire évoluer leur mode d’usage et de consommation et ainsi accompagner la transformation des acteurs professionnels vers l’économie circulaire. En effet tout acteur professionnel doit être en ligne avec ses clients et l’évolution de son marché pour continuer d’exister en rentabilisant ses investissements. Certains acteurs professionnels, pionniers dans l’application de stratégies circulaires aident à faire évoluer leur marché, leurs clients mais également leurs confrères, leurs fournisseurs et leurs sous-traitants en montrant qu’une autre voie est possible. Mais il est important que le marché d’usagers réponde favorablement à cette évolution en privilégiant les produits et services circulaires car les résultats et l’évolution du marché orientent les acteurs économiques.
Quant aux distributeurs, commerçants ou prescripteurs en lien direct avec les acteurs mentionnés ci-dessus, ils ont l’opportunité de développer de nouveaux services plus durables et accompagnant l’évolution des mentalités en amont et en aval de leur activité de vente.
Et après la conception, quelles sont les autres stratégies d’optimisation des ressources existantes ?
Les stratégies d’optimisation en tant qu’usager (citoyens et Organisations publiques/privées) des ressources, composants, matériaux et produits émergeants sont différentes selon les phases du cycle de vie des éléments, mais aussi complémentaires. Bien évidemment, en tant qu’acteur (citoyens et Organisations publiques/privées) nous devrions utiliser plusieurs stratégies selon notre activité, nos besoins, nos usages, … L’une n’exclut pas les autres, bien au contraire ! De plus, ces stratégies impliquent plusieurs acteurs donc nécessitent une certaine coopération parfois entre professionnels et très souvent impliquant les usagers citoyens :
- Economie de la fonctionnalité, « le concept de l’EFC repose sur la mise à disposition d’un usage plutôt que la possession d’un bien. Autrement dit, il ne s’agit plus d’acheter un bien et d’être propriétaire de ce bien, mais de payer un service qui est rendu à l’aide du bien en question » selon l’état français.
- Ecologie industrielle et territoriale (EIT) (parfois également appelé symbiose industrielle) : « l’écologie industrielle et territoriale vise à optimiser les ressources sur un territoire, qu’il s’agisse d’énergies, d’eau, de matières, de déchets mais aussi d’équipements et d’expertises, via une approche systémique qui s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels » selon l’ADEME.
- Entretien et réparation,
- Don et revente,
- Reconditionnement,
- Up-cycling c’est « créer du neuf avec du vieux, sans pour autant transformer ou déconstruire la matière première que l’on utilise » comme définit par la CCI) ,
- Location court terme,
- Recyclage, compostage, valorisation des ressources vues parfois comme déchets ou sous-produits. L’EIT (définit ci-dessus) est l’une des stratégies de valorisation impliquant le plus souvent différentes Organisations et rarement directement des citoyens). Le compostage souvent réalisé par les particuliers peut également être réalisé par les professionnels.
- …
En tant qu’usager (citoyens et Organisations publiques/privées), nos choix massifiés orientent les stratégies des acteurs économiques. Nous devons donc, nous poser les bonnes questions pour avoir une consommation responsable : Ai-je vraiment besoin d‘acheter tel ou tel bien ? Peut-être puis-je faire réparer mon produit ? Peut-être puis-je louer ou partager son utilisation si j’en ai que besoin rarement ? Et si j’ai besoin de l’acheter pour un usage fréquent, quel produit a le plus faible impact sur l’Environnement ? Mais également, en tant qu’usager, je peux essayer de trouver d’autres alternatives au « jeter » lorsque le bien n’est plus jugé comme nécessaire à mon propre usage.
Pour aider à la prise de décision des particuliers, un affichage environnemental va progressivement apparaitre sur différents produits (tout d’abord en 2024 de façon volontaire sur les secteurs textile et alimentaire) pour informer les consommateurs sur les impacts environnementaux des produits et ainsi faciliter la prise de décision réfléchie lors de l’achat. L’affichage environnemental va certainement gagner d’autres filières. Il est impératif que tous les acteurs se préparent aux évolutions, réfléchissent à leur stratégie circulaire en amont.
Pour s’y retrouver : petit dictionnaire pour mieux appréhender les termes utilisés dans l’ère de l’économie circulaire !
En complément, voici également l’accès à un petit lexique d’économie circulaire et régénérative.
Prochain article : Vers une industrie circulaire – # Episode 1 : Situation et chaine de valeur (1/12)
