Vers une industrie circulaire # Episode 3 : Les conséquences de l’histoire et des décisions passées, frein principal à la transformation des industriels vers l’économie circulaire

En 12 épisodes, je partage mon analyse rétro-prospective réalisée en 2023 sur les freins et leviers à la transformation des industriels vers l’économie circulaire.

Dans cet épisode 3 , je vous propose le résumé du frein principal à la transformation des industriels vers l’économie circulaire : Les conséquences de l’histoire et des décisions passées. Cependant, même s’il est intéressant de l’identifier pour mieux le comprendre, il ne faut pas se cacher derrière pour expliquer une inaction. Des leviers de transformations existent également : activons les !

Les chaines de valeur linéaires allongées par le nombre d’acteurs, de kilomètres qui les séparent et même parfois par leurs cultures rendent difficile leur transformation vers le circulaire. Des territoires (au niveau mondial) se sont alors spécialisés dans certains domaines d’activité pour les rendre plus économiquement rentables notamment par effet de masse.

A l’époque de la première mondialisation (1870-1914), l’effet de la pollution encore méconnu ou non conscientisé, engendrée par tous les transports induits par cette organisation éclatée sur le globe, n’était pas pris en compte. Ce phénomène de mondialisation grandissant, pourtant vue comme une source de progrès durant de nombreuses années, est contraire à l’un des principes de l’économie circulaire qui privilégie un fonctionnement local. C’est donc toute une culture de la mondialisation et des activités linéarisées qu’il faut déconstruire pas à pas, de manière coordonnée et coopérative pour activer de nouvelles filières circulaires locales. « On ne parle en France que depuis quelques années de la réindustrialisation, mais cela se fait au compte-goutte car il faut prendre en compte la loi du marché. La logique de chaine de valeur pousse encore des entreprises à vendre des produits à bas coûts et par conséquent toujours avec des chaines de valeur éclatées » (citation d’un expert en économie de la fonctionnalité et de la collaboration – 2023).

La transformation d’un acteur seul sans interagir avec le reste de sa chaine (parfois entièrement à l’international) n’est pas toujours possible et complexifie souvent certaines dimensions de sa transformation (notamment du point de vue technique, financier, développement, matière première, supply chain, …). La spécialisation des activités par territoire mondial a engendré une perte de connaissance localement dans certains domaines, mais surtout impose de transformer ou de créer des nouveaux moyens industriels sur les territoires français. De plus, « certains fournisseurs ne peuvent pas nécessairement pivoter vers le circulaire et peut-être que cela bloque les autres industries dans leur transformation » (Expert en étude sur l’économie circulaire – 2023).

« Le travail introspectif sur la raison d’être des sociétés nativement linéaires créés depuis des décennies (à part créer des produits), est beaucoup plus compliqué » (expert en accompagnement vers l’économie circulaire). Or de cette raison d’être, découle leur stratégie. Les Organisations industrielles ont plus de facilité à continuer comme avant, avec des procédés éprouvés et une organisation rodée que de remettre tout en question surtout si « rien » ne les y contraint.

À noter également, que les investissements antérieurs favorisant un fonctionnement linéaire voudront être rentabilisés par les acteurs de la finance. Cela engendre une inertie financière sur leur transformation individuelle des Organisations.

L’état d’esprit et l’organisation historique des filières orientent également les décisions :

  • Le niveau de marge pouvant donner plus d’aisance financière à leur transformation contrairement à d’autres filières (exemple des produits de luxe qui ont plus de facilité à investir sur des matières premières recyclées parfois plus chères que les vierges) ;
  • Leur fonctionnement historiquement local (exemple : des poteries fabriquées avec un fonctionnement en circuit court et reconnu localement) ;
  • L’effet de stockage des matières (des consommateurs finaux ou des acteurs intermédiaires de la chaine de valeur) lié au fonctionnement du marché de cette filière (exemple, côté particulier, de la perceuse très peu ou pas utilisée durant l’année, mais un grand nombre de particuliers en possède une) ;
  • Le découpage des activités réalisées par différents acteurs, allongeant la chaine de valeur étendue.

L’histoire et les décisions passées ont donc un poids conséquent qui freine la transformation organisationnelle de la chaine de valeur étendue et des industries. Nul ne l’ignore et surtout pas les décideurs.

Cependant, à rester ancré trop longtemps dans un fonctionnement asservi par des décision passées avec des règles obsolètes conduira, sans nul doute, ces nombreuses Organisations immobiles à leur perte. Les directions stratèges pionnières et visionnaires ont déjà activé des leviers les amenant à répondre aux contraintes à venir ! Activons dès à présent les leviers organisationnels pour faire évoluer chaque acteur vers un futur DURABLE et SOUHAITABLE !

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